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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 19:00

On vieillit vite dans ce métier.

 

Très vite, même.

 

Montez un projet, signez le chez un éditeur, même d’envergure limitée, menez le au bout, voyez votre livre sortir, faites en la promotion, découvrez les critiques au sujet de votre travail, et vous aurez suffisamment de souvenirs de guerre pour alimenter de longues soirées au coin du feu. Vous saurez en tout cas tout ce qu’il y a à savoir sur la vie d’un auteur.

 

Publiez deux projets, multipliez. Mais l’expérience ne changera pas vraiment.

 

Ce sont autant de filtres, d’idées (très) préconçues que vous vous faisiez sur ce métier – car s’en est un – qui tombent les unes après les autres. A peu près tout ce que vous pensiez s’avère erroné, y compris l’idée que vous vous faisiez de vous-même.

 

Alors oui, cela entraine des accès de cynisme, d’amertume, aussi, pour finalement très peu de gratifications. Ou tout du moins pas là où vous auriez imaginé qu’elles se cachaient.

 

Il y a une réalité très crue dans ce métier, qu’on peut parfois deviner quand on y prête un peu attention, mais de laquelle on est de toute façon très loin avant de la vivre soi-même.

 

Niché au creux de cette réalité, il y a Jojo.

 

Jojo, c’est le type – c’est généralement très masculin, ce qui suffit à me prouver l’inaltérable supériorité du genre féminin – c’est le type, donc, qui n’a jamais rien publié, qui écrit malhabilement des textes absconds dans son coin, qui sait à peu près TOUT ce qu’un être humain peut connaitre des Règles de l’Art, et qui les applique obstinément.

 

Cela, pense-t-il, suffira à lui ouvrir les portes de la gloire, des ventes par centaines de milliers, et lui assure la signature obligatoire d’un livre qui bouleversera la littérature à tout jamais, l’expédiant directement au Panthéon, quelque part entre Homère, Victor Hugo et Beigbeder. (Un détail amusant : le correcteur d’orthographe accepte les deux premiers mais pas le troisième.)

 

Car Jojo a un Destin, un Vrai, un Grand, et rien ni personne ne pourra empêcher ce Destin de s’accomplir. Il publiera, c’est comme ça. C’est même plus fort que lui, il lui est impossible d’y échapper, quand bien même il ferait tout pour l’éviter.

 

En quelque sorte, Jojo est incontournable à lui-même.

 

Imaginez ce que c’est pour les autres.

 

Des Jojos, il y en a plein les forums, à des degrés plus ou moins divers.

 

Jojo a tout lu, tout compilé, tout digéré. Et il va vous apprendre l’Art, parce que lui, môôôssier, madâââme, lui il n’a pas pour ambition galvaudée celle d’être scénariste professionnel. Non, ça c’est bon pour les pisse-copies, les vulgaires gagneurs à la petite semaine, pas pour lui.

 

Lui, il vise l’œuvre totale, la postérité et les palmes académiques. 

 

Et pour ce faire, il est bien décidé à ne jamais laisser un dessinateur abimer sa future référence pour les siècles à venir. Car Jojo n’est pas que scénariste amateur qui va vendre des millions de livres que l’on étudiera à l’école. Il est également incollable sur la théorie, qu’il s’agisse de l’écriture, bien sûr, mais également du dessin.

 

Ai-je besoin de préciser que si Jojo n’a rien publié pour le moment, c’est en grande partie à cause de son incapacité crasse à interagir avec une personne aussi sensible qu’un dessinateur ? (J’aurais pu citer la concordance des temps, mais il y a d’excellents relecteurs, donc elle rate la plus haute marche du podium de très peu)

 

Internet étant ce qu’il est, Jojo est le gars qui s’invite sur tous les sujets des forums, détruisant méthodiquement, et avec une opiniâtreté qui force le respect, les efforts des uns et des autres. Que ce soit sur le fond, sur la forme, ou encore sur la viabilité commerciale du projet soumis aux avis des unes et des autres, Jojo comprend votre erreur et il est là pour vous aider.

 

Ce qui se résume très généralement à : « Faut tout refaire, c’est pas original, c’est très mal écrit, les dialogues sont pauvres et de toute façon, ça n’a aucun avenir commercial. »  (Il y a des dessinateurs qui en ont fait des dépressions nerveuses)

 

Car Jojo est également un gourou marketing, qui peut vous citer de mémoire les ventes de n’importe quel ouvrage, de 1918 à nos jours. Et lui saura, le jour venu, dispenser autant de leçons mémorables au service marketing de l’éditeur dont il aura préalablement dompté les cerbères en négociant un contrat lui assurant l’intégralité de ses droits, ou presque, ne laissant qu’une maigre obole à l’éditeur. Lequel, de toute façon, le remerciera chaque jour de lui avoir fait l’immense faveur de le choisir pour éditer l’œuvre des trois prochains siècles.

 

Bref, Jojo peut tellement parler de tout qu’il n’a finalement plus rien à dire de personnel.

 

Vous allez me poser deux questions.

 

D’une part, est-ce que je n’en rajouterais pas un peu au sujet de Jojo, personnage créé de toutes pièces pour symboliser tous ces auteurs amateurs qui n’iront jamais nulle part, un lot dont je faisais partie il n’y a finalement pas si longtemps ?

 

D’autre part, où est-ce que je peux bien vouloir en venir, si ce n’est verser un peu de vitriol dans la soupe, histoire d’améliorer l’ordinaire et faire une note à pas cher ?

 

Pour ce qui est de la première question, je vous jure que c’est la stricte vérité, c’est une histoire vraie, qui m’a suffisamment amusé pour que je vous la retranscrive ici. Pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui rigolent.

 

Pour ce qui est de la deuxième, j’y viens.

 

D’abord, et de toute évidence quand on connait un peu la philosophie de ce blog, Jojo a tort sur l’essentiel, et il a raison sur tout le reste.

 

Il n’a pas compris que ce boulot, c’est d’abord l’histoire d’une collaboration. Qu’en face, il y a quelqu’un, le dessinateur, dont vous allez devoir acquérir puis mériter la confiance. Et auquel vous devrez confier la votre de façon quasi aveugle.

 

Il n’a pas compris que ce boulot, votre partie notamment, c’est une série de coups de dés, de paris déraisonnables, et que vous ne pouvez réellement décider que de très peu de choses. Vous travaillez sur des hypothèses, des personnages dont les histoires vous échapperont quoiqu’il arrive et des histoires qui ne seront plus les vôtres à partir du moment où les lecteurs se les approprieront, aussi peu nombreux soient-ils. (D’ailleurs, plus ils sont nombreux et moins tout cela vous appartiendra, telle est la rançon du succès – que votre serviteur ne rechignera pas à payer, en coupures non numérotées)

 

Surtout, Jojo écrit – généralement assez mal – pour de très, très mauvaises raisons.

 

Car Jojo pense que sa vie va se trouver chamboulée par l’existence de ce livre. Or Jojo pense à l’envers. Sa vie ne changera pas d’un iota, en bien comme en mal.

 

Evidemment il y aura les petits à côtés pas forcément désagréables, la sensation diffuse d’avoir « accompli » quelque chose de valable dans sa vie, le regard des gens qui feront de vous un auteur ou pas, et peut-être celui de son banquier qui tentera de lui fourguer de la rentabilité basée sur une nouvelle forme de titrisation pourrie, si les ventes sont au rendez-vous.

 

Mais fondamentalement, Jojo ne changera pas, pas plus que sa vie, ses amis, son bien-être ou son mal-être. Il n’en deviendra pas subitement infaillible, ni immortel. Peut-être un peu plus arrogant, car l’ego fait généralement bien son travail et trouve toujours l’espace – de plus en plus important - pour enfler démesurément. Pire que tout, il deviendra accro à cette sensation d’accomplissement, et il la recherchera encore, et encore, et encore.

 

Comme lui, ils seront nombreux à se casser les dents et le moral sur des écueils qu’ils auraient pu éviter en prenant conscience de choses aussi simples et vraies que le fait que la littérature ne change pas une vie.

 

Elle la complète à grand peine, dans le meilleur des cas. Ce qui n’est déjà pas si mal, et offre déjà autant d’occasions de bien se marrer, soyons honnêtes.

 

Ce que Jojo ne peut pas comprendre aujourd’hui, je doute qu’il ne le comprenne jamais.

 

Mais s’il peut saisir ici quelques bribes d’expérience d’un « vieil » auteur, qu’il laisse Tonton Henscher lui donner ce qui reste selon moi la seule vérité à peu près valable dans ce métier :

 

Ce qui fait vos histoires, c’est qui vous êtes, ce que vous avez dans les tripes, et non pas les histoires que vous racontez qui vous font. 

 

Pas plus que Jojo, vous ne découvrirez un autre vous-même dans la publication de vos écrits. Rien ne se transforme, et tout ce qui est déjà là en vous, latent, restera ancré fermement. A ne pas le comprendre, vous ne ferez que vous abimer inutilement.

 

Cela, je tenais à le dire à une amie qui va publier sa première BD – et pas chez n’importe qui s’il vous plait ! Car s’il y a une chose que je sais pour sûre, c’est qu’elle n’a jamais été une Jojo et qu’elle ne le sera jamais.

 

Toutes mes félicitations, donc, Ando, et longue vie à ton projet !

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 16:31
"Va falloir être courageux les gars, c'est pas brillant."

Votre éditeur vous lance un regard ennuyé de l'autre côté de son bureau débordant de dossiers urgents, dont aucun n'est évidemment le votre. Cela ne lui fait pas particulièrement plaisir de lâcher cette remarque au beau milieu de la conversation, notez bien.

Et pas parce qu'il n'apprécie pas de vous faire de la peine.

Non, cela a plus à avoir avec les soucis que lui cause l'échec patent de votre album. Parce qu'avant toute chose, cet échec, c'est surtout le sien avant d'être le votre.

Car votre éditeur a mouillé sa chemise auprès de gens que vous ne connaissez pas, pour défendre votre dossier, et pour convaincre ces mêmes personnes, généralement dénuées du sens de l'humour le plus élémentaire, qu'elles pourraient faire de l'argent en vous en donnant un peu.

Pas de bol, six mois après la parution dudit album, les chiffres semblent contredire son optimisme des débuts. Quand je vous disais qu'on revenait toujours aux mathématiques.


Pour le coup, c'est un peu votre éditeur qui a pris tous les risques. Il est comptable des résultats des projets qu'il signe, et quand les chiffres ne sont pas bons, c'est d'abord lui qui est en ligne de mire, pas vous.

Et ça, on oublie souvent de le rappeler. Il est donc difficile de lui en vouloir.

Alors comment on gère ça, en tant qu'auteur?

Un petit aveu, d'abord: vous avez beau vous être préparé depuis la signature du contrat, rien à faire, les chiffres vous tombent dessus comme une tonne de brique. A cet égard, toujours prévoir vos vacances APRES votre relevé de compte d'auteur semestriel; parce que vous allez en avoir besoin pour digérer.

Le problème des chiffres, c'est que ce sont de vrais boyscouts, avec leurs sempiternelles valeurs tournant autour de l'honnêteté, de la rectitude, du labeur toujours renouvellé, du sens de l'effort et du sacrifice. Bref, tout ce à quoi une feignasse professionnelle préfèrerait éviter d'avoir à se confronter.

Vous, vous rêviez plutôt de zéros à l'infini, de la gloire facile et des femmes immédiates, le tout avec un cigare.

A cet égard, les mauvais chiffres ont le mérite de vous remettre les idées en place, un peu comme les refus quasi systématiques des éditeurs de vos nouveaux projets, après deux séries vendues sans effort. Cela vous rappelle d'où vous venez, ce qu'il vous a fallu pour en arriver là, les trésors d'imagination et la masse de travail que vous avez du fournir pour que cela paye - si peu.

Et tout à coup, vous avez à nouveau faim.

Une faim immense, et une furieuse envie de revivre ce qui avait fait la magie de votre première signature. Du jour au lendemain, espacés de dix jours en Grèce, vous redécouvrez le goût de l'effort et du désir, toutes choses qui ont naturellement tendance à s'estomper quelque peu, une fois que vous avez atteint ce que vous pensiez être votre but, à savoir: publier.

Pour être tout à fait honnête, on se doute un peu du résultat des ventes avant d'avoir les informations de l'éditeur. On "sent" ce qu'il se passe, pour peu qu'on y prête un peu attention. Aucun article dans la presse papier - certes moribonde mais tout de même - aucune promo, pas d'interview, zéro sujet dans les forums spécialisés, un marché de l'édition en pleine crise, tout cela n'augurait rien de bon. (Et quand vous continuez à croire en votre bonne étoile, des "âmes charitables" se chargent de vous dresser un portrait catastrophique de votre situation, juste pour être bien sûr que vous ne perdez pas de vue la réalité)

Et ça n'a pas raté.

Enfin, la formule exacte serait : il paraitrait que cela n'ait pas raté.

Je m'explique.

Ceux d'entre vous qui n'ont jamais lu un relevé de compte d'auteur ignorent ce que c'est que de lire du Martien dans sa version pré-invasion vénusienne. Les chiffres ne sauraient mentir, c'est certain. Par contre, ceux qui vous les livrent ne vous aident pas exactement à les digérer.

Là encore, il s'agit de gens que vous ne connaissez pas - et que parfois votre éditeur ne connait guère mieux. Ils vous font part de la situation de votre album à un moment précis (la date du relevé du compte), sans jamais faire mine de vous tracer l' equisse du commencement d'un début d'explication concernant la façon dont ils ont fait leurs calculs,et comment ils ont organisé leur document.

Les vieux auteurs - et certains moins vieux - vous glisseront à l'oreille que c'est fait exprès, mais les gens sont méchants, surtout les auteurs. Et aigris, la plupart du temps. Il serait plus charitable d'en conclure que le métier de ces gens là, c'est les chiffres purs, et pas la nécessaire pédagogie qui devrait accompagner leur communication. Parce que là, ça touche aux lettres, et ils n'en ont peut-être pas autant que vous.

Tout cela pour vous dire que je serais bien en peine de vous donner un chiffre, car je suis moi-même encore en train d'essayer de comprendre ce qu'on me dit.

Tellement que, pour finir, je me suis désintéressé de la chose. J'ai classé la feuille dans le petit dossier relatif au Seigneur et je me suis concentré sur l'écriture des pages du tome 2, et d'autres projets à venir - et il y a du lourd qui arrive, c'est promis.

Croyez le ou non, cela m'a fait un bien fou.

Parce que décidément, les mathématiques, ça n'a jamais été mon fort et à trop m'y plonger, j'ai bien failli m'y noyer. (De rage, j'ai quand même désinstallé Excel de mon ordinateur, juste pour rappeler qui c'est le patron. Non mais.)

Pilon, pas pilon, finalement peu importe.

Ecrivez, il en restera toujours quelque chose, quelque part au fond d'une bibliothèque. Et c'est finalement tout ce dont vous devriez vous soucier au bout du compte.








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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 23:20
Mon cerveau est un Rolodex.

En tout cas, il y ressemble à s'y méprendre.

J'entends par là que je réflêchis de façon cyclique, et qu'à l'instar de cet objet en voie de disparition, victime collatérale du carnet d'adresse de votre boite mail, j'en reviens toujours à la même idée, une fois qu'elle a fait le tour.

Donc, au même projet. Ou idée de projet.

Vous allez me dire que tout cela est bien joli, mais quel intérêt?

Patience, j'y viens.



Illustration à peu près fidèle du cerveau d'un scénariste. En couleurs.

J'en étais à tenter de vendre une idée de projet à Zaz, avec une fougue et un entousiasme qui n'avaient d'égaux (hé oui) que le flegme poli qu'il m'opposait devant la quasi infaisabilité de la chose, et sa réticence devant l'aspect pour le moins déontologiquement délicat de ce que tentais vainement de lui vendre,. (Lire: il trouvait ça invendable, même si diablement inspiré)

Tout à coup, il a eu cette réflexion qui m'a laissé songeur.


"Penses-tu vraiment que nous, petits bourgeois étriqués, puissions rendre compte de toute la détresse humaine de ce que tu me racontes?"


Une question fort légitime, et sensée. C'est qu'il sait me moucher, le bougre. C'est même à ça que sert un coscénariste.


Entre autre.


Ca sert aussi à ne pas se retrouver à parler tout seul à son écran, et à partager les coups, les déconvenues et le désespoir intrinsèquement lié à notre métier, qui nous conduit irrémédiablement tous à l'alcoolisme. (Du coup, c'est quand même plus marrant de boire à deux.)

Accessoirement, ça sert à trouver des idées de notes de blog.

C'est quelque chose qui revient souvent, cette histoire de légitimité. Cette croyance très largement répandue, qui voudrait que pour traiter un thème, il faudrait en avoir fait l'expérience. Certains le croient tellement qu'ils font criminologie pour pondre leurs bouquins sur les tueurs en série.


Par exemple.


(On passera pudiquement sous silence le fait qu'ils en oublient d'apprendre à écrire, mais baste. Ils souffrent déjà assez comme ça.)


Notez bien que cette idée fait un tabac - et donc des ravages équivalents - parmi à la fois les auteurs, mais également les producteurs, et bien évidemment le public. C'est même comme cela qu'on leur fourgue 80% de la production littéraire actuelle.


Si j'étais en condition physique idoine, cette idée me ferait bondir. Mais je n'ai plus 20 ans, alors j'opte désormais pour un haussement de sourcils poli, quoiqu'un poil courroucé.


Plus explicitement: c'est une montagne de conneries.


Pas insurmontable, mais haute. Trèèès haute.


Je sais ce que dit la sagesse populaire à cet égard: "Ecrivez sur ce que vous connaissez". Par exemple, partez de votre immeuble, votre quartier, vos amis, votre métier. Mais surtout, SURTOUT, au grand jamais, ne vous éloignez pas du sentier que représente ce que vous connaissez. Pas de vagabondage dans des contrées lointaines, pas d'escapade dans des territoires qui vous ont toujours ignorés.


Bref, restez dans votre catégorie, et allez pas faire chier les voisins.


Personne ne sait qui a édicté cette règle. Ni quand. Une chose est sûre, la règle est ancienne. Et celui qui en est à l'origine avait de bonnes raisons de le faire. Je pourrais vous donner mon avis sur la question, mais on va encore me dire que je suis d'un paranoïaque achevé.



La documentation, ce n'est pas fait pour les chiens, tout de même. Bien que je déconseille d'en abuser, car trop de documentation tue son intérêt. Vous risquez de finir noyé sous la masse d'informations, et perdre de vue votre réel métier, qui est l'interprétation du réel. La fiction, donc.


Il y a de fortes chances pour que votre public en connaisse encore moins que vous sur le sujet que vous traitez. Du coup, l'assommer de détails absconds n'est pas forcément pertinent. Même si, encore une fois, cela sert à beaucoup d'argumentaire de vente. C'est la méthode américaine, celle de l'immersion totale - adoptée par certains français également. Le principe, c'est que vous vous immergez dans un milieu pendant des semaines, afin qu'ensuite votre histoire transpire la vérité.

Je ne dis pas que cette méthode n'est pas bonne. Je dis juste qu'elle est coûteuse, ne serait-ce qu'en temps, mais également parfois en argent. Tout le monde ne peut pas aller sur place, dans des pays lointains par exemple, pour rendre compte au mieux de la réalité du terrain. Réalité d'ailleurs tout ce qu'il y a de plus subjective, quand on y pense.

Du coup, pour la majeure partie d'entre nous, nous sommes obligés de tricher, parfois de nous tromper. Mais entre nous, mieux vaut tricher sur votre connaissance des mercenaires au Sud Laos que sur vos personnages et sur votre propos. Car sans eux, une histoire ultra documentée reste ce qu'elle est: un alignement encyclopédique sans âme, sans tripes et, disons le, sans talent.

Je pourrais vous dresser la liste des auteurs incontournables qui se sont piqués de parler de ce qu'ils ne connaissaient ni d'Eve ni d'Adam, pour ne les avoir jamais expérimenté. On les lit toujours aujourd'hui, ils ont changé des vies par leur plume, ont contribué à élever leurs contemporains et leurs descendants jusqu'à nous.

Ceci, parce qu'ils ont su dépasser le réel, et s'approprier la matière pour la transformer en des récits puissants, des personnages inoubliables, des expériences qui marquent une vie.


Bref, ils ont fait leur boulot. A vous de prendre la relève.


Pour intimidant que cela puisse vous paraitre, ne vous limitez pas à un genre, à un univers. Bien au contraire. Allez là où vous ne vous attendez pas, partez découvrir des rivages où vous ne vous seriez jamais risqués. Mettez vous en danger, prenez un aller simple sans savoir comment, ni dans quel état, vous en reviendrez.


Il n'y a en vérité aucune frontière, aucune limite, autre que celles que vous vous imposez. Car quoi que vous écriviez, vous traiterez toujours de la matière à la fois la plus noble, la plus mystérieuse, et en même temps la plus proche de vous: l'humain. Votre responsabilité mais également votre légitimité se trouvent là. Nulle part ailleurs.

Dès lors, vous ne serez jamais vraiment en terrain inconnu, si vous savez observer, vous ouvrir à une curiosité de tous les instants, même - voire surtout - les plus incongrus.


Pour le reste, il ne s'agira que de trouver les bons mots, les bonnes images.

Si le public vous suit, fusse une infime partie, alors vous aurez réussi. Et contrairement à ce que les producteurs et éditeurs vous répèteront à l'envie, les gens peuvent tout entendre, tout comprendre. Il suffit juste de réussir à leur parler.

Bref, faites moi plaisir: faites votre boulot.
Faites de la littérature.

Pas du Chattam.

La prochaine fois, je vous proposerai un kit de survie spécial auteur débutant, quand se fait entendre le son du pilon.

Parce qu'en ces temps difficiles, ils sont de plus en plus nombreux à en percevoir  le grondement lointain, qui se rapproche inexorablement. Vous verrez qu'on y survit très bien.












 
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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 20:16
Ou comment capitaliser sur la sueur des autres, en bon scénariste qui se respecte. Avec leur bénédiction, en plus.

Mais plus sérieusement.

Je vous ai déjà dit en long large et en cinémascope tout le bien que je pensais de l'ami Djib, le compagnon de toutes les infortunes, le complice des aventures les plus improbables,

Bref, le pilier incontournable sans lequel je n'aurais sans doute jamais songé à faire de la BD.

Je me suis toujours promis de faire de la BD avec lui, et pas n'importe laquelle, s'il vous plait. Un peu à l'image du Blacksad de Guarnido et Diaz-Canales, nous nous trainons un personnage commun, fruit de son imagination et petit à petit développé ensemble.

10 ans plus tard, nous levons enfin le voile sur Bianka, notre fille chérie bien que complètement barjo et probablement bonne à enfermer. Mais nous, on l'aime. Et nous entendons bien lui offrir le plus bel avenir qui soit, à savoir une série en un nombre de tomes indécent, que je ne préciserai pas ici, afin que le principal intéressé ne prenne pas peur devant l'ampleur de la tâche - Djib, donc, pour ceux qui ont du mal à suivre.

Sans plus tarder, les images.








Comme mes compétences bloguesques n'ont pas évolué comme par magie pendant les vacances, ces planches sont visibles - en crayonné pour le moment et sans les textes - sur le site de Djib. Faites-y un tour, cela vous donnera une idée du talent du garçon, pour ceux qui ne le sauraient pas encore.

Je ne suis évidemment pas objectif, mais moi, j'aime beaucoup.
Et croyez-moi, on va la bichonner la petite.

Sans plus attendre, un petit pitch vite fait, mais fait, c'est déjà ça, notez bien.


Bianka a connu des jours meilleurs, sans doute, dans une autre vie. Enfin, elle l'espère, car elle n'en est pas vraiment sûre.

Elle ne sait pas non plus pourquoi elle ne dort plus, pourquoi elle est hantée par ce jeu de tarot divinatoire qui ne la quitte pas. Elle ne sait même plus comment il est arrivé en sa possession.

Ce dont elle est sûre, c'est que les cartes guident sa route.

Et que où qu'elle aille, c'est toujours la même histoire. Les mêmes cauchemars qui se répètent. Les mêmes créatures, qui la traquent sans relâche.

Livrée à elle-même, elle erre sur le continent américain, flanquée d'une petite fille étrange, qui semble la connaitre mieux qu'elle ne se connait elle-même.

Dans le sillage de ce duo improbable, un jeune flic suit une piste sanglante, où les cadavres abondent, tandis que dans l'ombre, d'étranges personnages commencent à s'inquiéter des agissements de cette pistolero sans attache et de sa protégée.

Elle-même incapable de dire si ce qu'elle vit est bien réel, ou si elle sombre dans une folie de plus en plus sanguinaire, Bianka va devoir affronter son passé, et les fantômes qu'elle en a ramenés avec elle...



Je précise que c'est loin d'être vendu, et qu'il manque une planche de ce qui sera la séquence contenue dans le dossier de présentation, mais cela faisait une note facile, agrémentée d'images, et ce n'est pas tous les jours la fête aux mirettes sur ce blog.

Demain, si vous êtes sages, vous aurez droit à un autre projet, oui mesdames messieurs!

Ce n'est pas parce que mes vacances commencent demain soir qu'on va se relâcher. En tout cas pas les dessinateurs avec lesquels je travaille. Quand je vous dis que scénariste, c'est un boulot de feignasse...



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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 19:53
Si votre but est de trouver un peu de temps pour écrire et de faire quelque argent de cete activité, alors participer à un atelier d'écriture est le meilleur moyen d'échouer à atteindre votre objectif.

Je dis "participer", mais ne nous méprenons pas: mettre les pieds dans l'enfer sur Terre va vous coûter un bras et un rein. Bref, environ une livre de viande.

Je dis aussi "l'enfer sur Terre" parce que, on ne le rappelera jamais assez: il n'y a rien de pire pour un scénariste qu'un autre scénariste. C'est la rentrée, il est temps de redevenir parano, on est plus sur la plage.

Mais admettons.

Admettons que vous ne me croyiez pas sur parole et que vous vous dirigiez d'un pas léger et les poches pleines d'un argent durement gagné - lequel va très rapidement changer de mains - dans une salle où se déroule un de ces fameux ateliers, dont les adresses ne circulent qu'entre les initiés les plus au fait du métier, et dont vous faites partie, petit(e)s veinard(e)s.

Qu'allez-vous y trouver?

D'abord, vous allez y rencontrer six, peut-être sept autres personnes comme vous. Par "comme vous", j'entends qu'elles ont les mêmes angoisses, les mêmes attentes, les mêmes rêves, et in fine le même objectif: vendre un script à des producteurs qui n'ont qu'une somme - de plus en plus- limitée à donner à des gens comme vous.

S'il vous reste un peu de discernement, il vous hurlera que voilà l'ennemi.

Trônant au milieu de tout ce beau monde, derrière les sourires duquel vous pourrez rapidement noter cette haine toute confraternelle qui permet de reconnaitre un(e) vrai(e) collègue, vous allez également trouver le maitre de cérémonie, le roi du pétrole, le Sauveur qui vous sépare de la gloire et de la richesse sur plusieurs générations, le mâle Alpha, bref, Dieu en personne: le docteur en écriture.

A l'intention des étourdi(e)s: c'est à lui que vous devez remettre l'argent que vous avez dans les poches. (Comptez grosso modo un mois de - plutôt bon-  salaire pour une trentaine de séances hebdmomadaires d'environ quatre heures chacune.)

Les mêmes lambeaux de votre discernement vous enverront un signal de très mauvais pressentiment concernant ce personnage. En morse.

Notez bien, l'argent est assez accessoire dans cette affaire, Mais sincèrement, payer pour souffrir, faut vraiment être maso.

Parce que le fait d'intégrer un atelier d'écriture présuppose plusieurs choses, toutes également fausses.

"Vous allez soumettre votre travail à l'oeil critique d'un expert, qui est là pour vous aider à résoudre vos problèmes et à améliorer votre script. "

L'expert n'en est pas un, il n'a même généralement jamais rien écrit ni vendu, à part bien sûr le bouquin que tous les participants ont évidemment lu (et donc acheté) à l'avance, afin que tout le monde parle de la même chose, lequel bouquin n'est jamais qu'une recompilation de précédentes compilations de principes antérieurs, assénés avec un dogmatisme aussi abscond que souvent erroné.

Est-il besoin de préciser qu'il ne sert à rien dans le cadre de votre activité, à part à gaver les esprits faibles d'idées préconçues?

L'expert n'est pas là pour vous aider. Il est là parce que vous le payez pour cela. Vous n'auriez pas un sou, il ne serait pas en train de faire mine de vous écouter en pensant à sa liste de courses. D'ailleurs il n'a pas vraiment à vous écouter, puisque "pour leur bien et pour leur édification, afin de favoriser l'émulation", les autres scénaristes seront les principaux script doctors.

Avouez que se faire payer pour faire travailler les autres, c'est quand même un boulot de rêve. (Le Larousse nous indique qu'en matière d'atelier d'écriture, à "émulation", il est renvoyé à "lynchage public d'une violence insoutenable".)

L'expert ne va pas vous aider à progresser, ce n'est pas dans son intérêt, et pour cause. Si vous venez le voir, c'est que vous avez un problème. Plus il vous convainc que c'est effectivement le cas, plus vous allez le payer. - je vous rappelle qu'il gagne sa vie comme ça.

Ce qu'il vous vend en échange, c'est de l'espoir. Et l'espoir, il ne lui coûte pas grand' chose. Vous faire croire qu'au bout de la souffrance, il y a la délivrance, le talent et la vente, c'est d'une simplicité d'autant plus enfantine que vous êtes a priori entièrement disposé à le croire. Sinon, vous auriez écouté tonton Henscher, et vous ne seriez pas là.

Au bout, il n'y a rien pour vous. Il y a juste de l'argent pour lui, et le sentiment de supériorité dont il s'abreuve comme un vampire, lui à qui manque l'essentiel, à savoir la soif d'écrire et de créer.

Le plus beau dans l'histoire, c'est qu'il n'a pas grand chose à faire,  puisque les script doctors improvisés vont rivaliser d'ardeur pour vous enfoncer., autant par instinct naturel que par désir de complaire au mâle Alpha. La dynamique de groupe fait des merveilles, c'est fou ce que la nature est bien faite quand même.

Vous vouliez plonger dans  le grand bain, vous voilà servi, vous avez des piranhas jusqu'aux chevilles. Et ils ont faim, les salopiauds.

Parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est où vous êtes réellement tombé.

Un atelier d'écriture, c'est un concentré d'égo surdimensionnés, un bouillon de culture de manque de reconnaissance, un précipité d'angoisses existentielles, et un réservoir à mauvaises idées, celles que vous allez avaler, et de traits de génie, ceux que vous allez lâcher par mégarde et que d'autres que vous utiliseront, à commencer par ce bon docteur.

Ce n'est pas parce qu'il ne vous écoute pas qu'il ne vous entend pas.

Un atelier d'écriture, c'est un abattoir à idées, une moulinette à esprit critique. On y partage pas, on y saccage.

C'est un champ de bataille, dont on ressort crevé, avec quinze directions narratives différentes pour seulement une seule scène à écrire, que l'on n'a pas la vigueur de mettre en forme tout de suite et dont de toute façon on vous dira tout le mal que l'on en pense la semaine prochaine.

Reprenez du début et répétez.

Cela, c'est si le rythme est soutenu. (Un indice s'affiche sur votre écran: il ne l'est jamais)

Si vous pensez sérieusement que 7 scripts d'environ 120 pages chacun peuvent être étudiés en profondeur, disséqués, et améliorés, avec 6 ou 7 scénaristes enfermés dans une pièce quatre heure par semaine, c'est que vous connaissez bien mal vos congénères. A ce stade là, les dix premières pages de 3 scripts auront été vaguement passées en revue que l'année sera terminée.

La question étant de savoir combien de pages vous pouvez raisonnablement écrire en 120 heures. (Le saviez vous? Rocky a été écrit en une nuit, et son auteur a gagné un Oscar pour ça, et il vit encore en partie de ses rentes.)

Décomptez le temps de trajet, les probables prolongations au café jusqu'à plus d'heure, où vous lâcherez encore plus d'idées lumineuses qui ne seront plus les votres au moment même où votre esprit embrumé les formulera, les éventuelles histoires de coeur qui naitront de ces échanges, avec une rupture grandiloquente à la clef et vous devriez arriver à la bonne conclusion.

Restez à l'écart de ce genre de chose. 

Parce qu'en vérité, les docteurs en écriture ont tous commencé comme ça, en pensant trouver le salut dans un atelier. Les fous. Plus les séquences passaient, et plus ils s'embourbaient créativement. Et plus ils s'embourbaient, plus ils devenaient impitoyables avec leurs petits camarades, car c'était le seul moment où ils se sentaient exister et où ils surnageaient. Jusqu'à oublier la raison première qui leur avait fait pousser la porte de l'atelier.

Votre boulot, votre mission, c'est écrire, et vendre ce que vous écrivez.
A un producteur, à un réalisateur, à un dessinateur, éventuellement à un éditeur.
C'est tout ce qui compte et ce qui doit jamais compter.

Laissez le reste aux futurs maitres à penser des plumitifs sans talent et aux critiques aigris.

Chacun son métier, et les vaches seront bien gardées.

Surtout les votres.

Mais il y a bien pire que de participer à un atelier d'écriture.

Dormir avec une grenade dégoupillée sous votre oreiller endommagera votre capacité créative dans des proportions autrement plus importantes, par exemple. Ca, ou avoir des enfants.




























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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 22:36

Avant de m'attaquer à l'ensemble de la profession des soit-disants Saint Bernard à la petite semaine qui animent des pseudo-ateliers d'écriture et dont le but principal n'est autre que de neutraliser des générations entières d'auteurs en devenir, quelques mots de promo éhontée.

Car il faut bien vivre.

Je vous l'avais annoncé il y a quelques temps, maintenant je peux vous le dévoiler.

Tarumbana et moi préparons une nouvelle série médiévale légèrement teintée de fantastique (dans l'esprit d'un Trône de Fer ou de Rénégats, pour ceux qui connaissent).

Cela va s'appeler le Banni et cela sortira chez Le Lombard, pas forcément tout de suite, parce que ces choses là prennent du temps, et que nous visons la sortie de deux tomes sur les trois prévus à des dates les plus rapprochées possible. Du coup, cela recule l'échéance, paradoxalement.

Mais trève de discours, et place aux images!

Voici donc les quatre premières planches de la bête, concoctées avec le talent qu'on lui connait - et que je gage on lui connaitra encore plus dans les années à venir - par Tarumbana, le garçon qui me fait pleurer de bonheur à chaque fois qu'il m'envoie une page.




(Une petite précision: ces planches sont visibles en bien plus grand et bien plus de confort sur le site de Tarumbana, donc n'hésitez plus et courrez-y!)

Je pourrais en rajouter, vous dire combien je suis ravi de travailler avec Tarumbana, mais ça, je vous l'ai déjà dit en long, large et en travers.

Donc je vous laisse avec ces images, et en option, un pitch scandaleusement développé de quoi donc est-ce que ça parle donc que le Banni:


HECTOR « LA MURAILLE » WIESTAL est probablement l'un des plus grands guerriers du ROYAUME DE MERRIMAR. Aux côtés de son meilleur ami, compagnon d'armes et suzerain, ALESTER LE VAILLANT, il a été de toutes les batailles, de toutes les défaites du début, et de toutes les victoires qui ont suivi et ont permis aux Hommes du Centre d'assoir leur suprématie sur l'essentiel du continent d'ARCHAON. Son nom est devenu synonyme de légende vivante, un modèle pour tous les chevaliers qui lui ont succédé.

C'était il y a trente ans.
Avant sa chute.
Avant l'opprobre et le bannissement.

Hector est au crépuscule de sa vie. Depuis qu'il a eu le malheur de voler à son suzerain la plus belle femme du royaume, un acte de félonie pour lequel il aurait dû être exécuté. Au lieu de cela, eut égard à ses services rendus, à son prestige dans la population, et à l'amitié que lui portait malgré tout Alester, il a été marqué pour son infamie, et banni loin de la capitale, la splendide MYRMIRINNE, dont il avait offert les clefs à son compagnon et roi.

Aujourd'hui, Hector n'est plus que l'ombre de lui-même, un vieillard usé jusqu'à la trame, diminué, qui noie dans l'alcool la douleur et la maladie qui le rongent chaque jour un peu plus.

Déchu de ses titres par Alester, il vit reclus aux confins enneigés du royaume, avec pour seules compagnies ses souvenirs amers d'une gloire ancienne et disparue, et une jeune servante dévouée corps et âme à son maître, malgré l'aigreur et le tempérament inconstant de ce dernier - pour ne pas dire violent.

Le bruit et la fureur d'une époque qui s'assombrit ne lui parviennent plus que par bribes, alors que partout la menace de l'envahisseur grandit aux portes du royaume.

Alors que Hector attend la mort, voire l'appelle de ses vœux dans ses délires alcoolisés, son passé va le rattraper.

Son roi, l’ami qui l’a mutilé et banni, lui apprend qu’il est mourant et qu'il a besoin de son aide.

Déjà autour de lui, les intrigants de toute sorte n’ont qu’un seul but : monter sur le trône à la suite du roi conquérant qui ne laisse pas d'héritier. Hector le Banni se voit offrir une chance de retrouver sa condition perdue de héros du royaume.

Mais voudra-t-il vraiment la saisir, lui qui ne sait que trop bien combien la légende est souvent entachée par la nature des hommes?

Plus encore, acceptera-t-il d'entrainer à sa suite ceux dont la rencontre va bouleverser sa vie et la destinée du Royaume?

Pris dans une spirale qu'il a contribué à déclencher, le Banni marche vers sa fin.
Sans savoir qui, de sa rédemption ou de sa damnation, l'attend au terme de son voyage.


Ca, c'est fait.
Merci de votre attention, ce blog va désormais reprendre le cours de son fonctionnement habituel.

Sortez les draps de lit, la prochaine note va éclabousser sévère.
Mais admettez -le: plus c'est salissant, plus c'est gouleyant. Voyez comme je vous connais bien?


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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 22:29
Quand il s'agit d'écriture, les décisions les plus catastrophiques se prennent à plusieurs.

Les américains ont une maxime pour ça: "Too many cooks in the kitchen". L'équivalent français serait quelque chose comme "trop de cuisiniers gâtent la sauce".

Multipliez les interventions plus ou moins heureuses autour de la marmite, et vous obtiendrez une soupe fadasse, sans réelle consistance, quand elle est mangeable, ce qui est le meilleur des cas.

En écriture, vous avez plusieurs solutions pour obtenir ce résultat, mais c'est généralement lié aux incertitudes des décideurs qui ont mis des sous dans le projet que vous développez pour eux. Plus la chaine décisionnaire est complexe et hiérarchisée, plus votre script va souffrir - et vous avec, par extension.

C'est même l'une des raisons qui justifient qu'un scénariste doive apprendre à faire le deuil de sa création. Parce qu'à un moment ou à un autre, il va croiser son plus redoutable prédateur.

Non, je n'ai nommé ni l'éditeur -qui, on l'a déjà vu, se fiche de ce que vous écrivez comme de sa première édition limitée - ni le producteur - avec lequel, paradoxalement, il est toujours possible d'avoir une discussion sensée.

C'est encore moins le réalisateur, avec lequel vous aurez soin de n'avoir qu'un minimum de relation, si vous devez vraiment en avoir tout court.

Non, le vautour qui plane au-dessus de votre tête à partir du moment où vous tapez les premières lignes de votre premier jet, c'est une autre espèce, malheureusement beaucoup moins menacée de disparition que, par exemple, les réalisateurs compétents.

Je vous ai dit par le passé qu'il n'y avait rien de pire qu'un autre scénariste, pour tout scénariste qui se respecte. En fait, je vous ai caché une partie de la vérité.

Il y a effectivement pire - et de loin, c'est vous dire.

Il y a les script doctors. (En français, et littéralement - la chose a son importance - on appelle ça un docteur en écriture)

Pour le définir, il faut vous représenter un être étrange - et forcément méphitique - au croisement du vautour, du vampire et du critique. Il intervient quand la bataille est terminée depuis longtemps, en s'emparant de votre script, qu'il va littéralement mettre en pièces.

Là où vous utilisez vos tripes pour sortir un monde cohérent, riche, vivant, peuplé de personnages forts, en proie à des conflits internes et externes d'une profondeur abyssale, le docteur en écriture va sortir son double-décimètres.

Il va prendre des mesures, s'assurer que votre premier acte ne dépasse pas la taille limite imposée, comptabiliser vos scènes, leur durée, vos personnages, leur pourcentage d'intervention et s'assurer du degré de conformité de votre résolution vis à vis des quotas en vigueur, selon le genre de votre histoire - dont il aura vérifié qu'elle entre effectivement dans un genre préalablement validé par les autorités compétentes.

Ensuite, il va tout changer, du sol au plafond.

Et pour ça, il va toucher de l'argent. Beaucoup plus que vous n'en toucherez jamais, en beaucoup moins de temps que l'écriture de votre script vous a pris - réécritures comprises.

Il aurait tort de se priver, notez.

Et ce pour plusieurs raisons:

- on lui demande son avis. Le principe, quand on demande son avis à quelqu'un, c'est qu'il vous le donne, et au delà de vos espérances.
- on lui propose de l'argent pour ça.
- c'est beaucoup plus simple que d'écrire soi-même quelque chose face à une page blanche, et c'est tout aussi sinon plus gratifiant, puisqu' à la fin de l'envoi il touche (de l'argent. Beaucoup) et qu'il apparait comme le sauveur.

Une précision avant de continuer: votre script sera toujours retouché en profondeur, et fondamentalement altéré.

Il y a une raison à ça: il faut que le bon docteur justifie ses émoluments. Donc au mieux, votre script sera toujours "maladroit mais améliorable", bien que généralement, il "parte d'une bonne idée mais mal exploitée".

Ne cherchez pas. Dans tous les cas de figure, vous pouvez dire adieu à votre histoire patiemment construite dans la solitude de votre bureau ou dans le brouhaha d'un café.

Si vous n'êtes pas prêt à encaisser cela, vous pouvez arrêter d'écrire tout de suite. Au moins pour le cinéma. Car Dieu merci, le docteur en écriture sévit surtout là où se trouve l'argent et, jusqu'à preuve du contraire, ce n'est ni dans la bande dessinée ni dans l'édition classique.

Le jeu vidéo est encore relativement épargné, mais on commence à voir apparaitre quelques énergumènes de la sorte. Toujours les mêmes, jamais les meilleurs.

Car il y en a des bons, ne nous méprenons pas. Mais vous ne les croiserez pas, ne rêvez pas.


Un Shane Black demande 100 000 dollars rien que pour lire votre script.

Oui, pour le lire.

Tout le reste est en option, et pas des plus données. Au moins avec lui êtes vous sûrs que votre bébé sera dans de bonnes mains, et qu'un véritable auteur sera derrière le script final, quel qu'il soit.


Non, vous, vous aurez plus probablement droit à des faiseurs, des pisse-copies qui tombent du Plus belle la vie sans même sourciller et se réjouissent de participer au renouveau de la télévision française. (Ce n'est pas une honte de faire du Plus Belle la vie ou du Navarro. Il faut juste assumer que c'est pour l'argent - et quelque part pour le fol espoir d'infiltrer le milieu pour peut-être un jour vendre un projet digne de ce nom. Mais notez que l'excuse de l'argent est amplement suffisante, ce blog n'est pas sectaire, loin de là)

Ca encore, je peux l'admettre.

Après tout, l'entregent est une donnée importante du problème, et certaines personnes ont cette faculté précieuse d'être capable de prendre un ton suffisamment docte et assuré pour emporter l'adhésion d'un producteur ou d'un financier. Pour cela, il s'agit, un peu comme au poker, de jouer non pas le script, mais l'homme. Certains savent le faire, d'autres non.

Que voulez vous, nous ne sommes pas tous égaux devant les cartes que la nature nous a distribuées.

Je suis sans doute en partie jaloux de mes estimés collègues, puisque c'est pour une grande part mon métier, et que j'envie à la fois la gratification, intellectuelle et monétaire qu'ils retirent de leur activité, laquelle leur laisse grandement le temps de jouer au golf.

Ils ont donc droit à toute ma révérence, si ce n'est ma sympathie.

Non, ce qui me dépasse, je l'admets, c'est que des scénaristes ou des aspirants scénaristes payent pour subir cela.

Oui, ce cas particulier, qui ne lasse pas de me subjuguer, donnera lieu à une note spécifique.
Et deux fois, trois fois oui, je parle des fameux "ateliers d'écriture".








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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 23:53


Si vous êtes scénariste ou aspirant scénariste, vous DEVEZ aller voir ce film.

Comme ça, en 2h02 très précises, vous aurez un vaste aperçu du mal infini qu'un (très, très, très, très, mais alors abyssal, genre) mauvais script peut faire à un film dont le réalisateur n'est pourtant pas un manchot.

Egalement, cela aura le même effet sur vous que sur moi - ou du moins je vous le souhaite:

Plus JAMAIS vous n'aurez honte de ce que vous écrirez.

Avouez que pour 10€, vous faites une affaire.

On dit merci qui?
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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 23:27
A une époque où la rapidité et l'instantanéité sont synonymes de progrès, il serait grand temps de faire un premier bilan de la vie d'un premier album de BD lâché dans la nature depuis pratiquement deux bons mois - soit donc une éternité en temps Internet.

Notez que je serais le premier ravi de pouvoir vous dresser un portrait ressemblant sinon exact de la chose.

Sauf que non, c'est tout simplement impossible.

En BD - et dans l'édition en général d'ailleurs - le bébé est encore à la nurserie. Et nous ne saurons comment il s'en sort dans la vie que dans 4 mois. Et encore, nous n'aurons qu'une vision assez partielle de sa destinée. Un peu comme si on regardait un bulletin scolaire à l'entrée au collège.

Puisque l'on parle de notes, c'est fou comme, alors que vous pensiez faire oeuvre de littérature, vous vous retrouvez très rapidement le nez dans les chiffres, dès l'émotion - bien compréhensible - de la sortie de l'album passée.

A commencer par les notes des critiques, qui s'ingénient systématiquement à utiliser des échelles barbares, difficilement convertibles sur 20, qui reste l'échelle à laquelle vous vous référez par réflexe, revenu à un état proche de celui qui vous étreignait lorsque vous attendiez que le prof vous tende votre copie.

En la matière, la situation n'est pas désespérée. Mais je vous laisse juger par vous-mêmes, vous pouvez trouver quelques avis ici et là. (Enfin, surtout ici, ici, , et puis ici aussi, ou même . Et encore ici et encore là. Entre autres, puisqu'on peut aussi lire ça, également.)

Côté chiffres, les notes sont à peu près tout ce que vous obtiendrez. Pour ce qui est des ventes, vous repasserez, car c'est une denrée aussi rare que potentiellement désagréable, donc il faut admettre que vous ne la recherchez pas à tout crin. De tout façon, tout cela n'aura de sens que 6 mois après la sortie du troisième tome, bouclant le premier cycle.

Oui, cela veut dire que vous allez travailler en "aveugle" - en tout cas à ce sujet - pendant 3 à 4 ans. Et avec le sourire, s'il vous plaît. (Et à ce sujet, ce que j'ai vu des premières planches du tome 2 me met dans une joie quasi extatique, n'ayons pas peur des mots. L'ami Fabien vous prépare un album de toute beauté, si ce n'est l'album de la maturité!)

Mais passons.

L'album vit désormais sa vie, nous l'accompagnons du mieux que nous pouvons, en multipliant les dédicaces et en essayant vaille que vaille de le placer auprès de la presse et d'un maximum de gens. C'est la loi du genre, et il n'y en a pas trente-six mille.

A la vérité, je me suis encore un peu égaré dans cette note, puisque je voulais vous entretenir de toute autre chose.

J'avais pris
quelques résolutions en début d'année, que je n'ai évidemment pas toutes tenues, loin s'en faut. (Tout particulièrement en ce qui concerne la publication de notes, mais GTA4 et la mutliplication des projets sont l'ennemi héréditaire de tout bloggueur qui se respecte)

Ce qui ne veut pas dire que je ne me tiens pas à ce que j'ai dit.

A ce sujet, je vous avais parlé d'un garçon aussi charmant que talentueux, dit aussi
Tarumbana. Je vous avais aussi raconté mes aventures à Angoulême. Lorsque vous mélangez tout ça, vous obtenez ceci:


Et ceci, c'est Hector. (Dis bonjour, Hector)

Sans trop vous en dévoiler pour l'instant, je peux vous dire qu'Hector n'a pas eu une enfance facile, et qu'il passe un mauvais moment. Lequel n'est qu'une aimable plaisanterie à côté de ce qui l'attend.

Tout ça pour très bientôt, chez un éditeur brusselois prestigieux, sur trois tomes minimum, avec l'ami Tarumbana aux pinceaux.

Pour des raisons largement dépendantes de notre volonté - comme une superstition largement ancrée chez beaucoup d'auteurs, doublée du plaisir coupable de vous faire patienter un peu - nous avons choisi de ne pas vous en dire plus pour le moment.

Une chose est certaine: vous n'avez pas fini d'entendre parler de l'ami Hector, qui annonce sous vos yeux ébahis ma seconde série BD!





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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 22:59
Au départ, c'était une bonne idée.

Une belle, bonne et riche idée.

C'était un aboutissement, la finalité ultime de votre existence.
En deux mots: votre rêve.

Je parle bien évidemment de ça:



Votre tête, à vous, avec les autres, là, sur le grand mur des auteurs en dédicace.  (En l'occurence, la mienne, pour le cas qui nous intéresse - mais on peut également voir un bout de l'ami Fabien, en bas à gauche)

Vous arrivez copieusement en avance le jour dit - ici, c'était le Salon du Livre de Paris, le 15 mars, mais le lieu et la date importent peu pour la démonstration en question, c'est juste une question de prestige - et après une ou deux coupes de champagne, un petit tour sur le stand - magnifique, que Casterman partageait avec Flammarion (oui, le prestige, encore) - pour vérifier que vos albums sont bien mis en évidence (alors qu'ils sont noyés dans la masse), vous attendez.

C'est relativement sournois, la pression.

Surtout celle qui commence insidieusement à vous envahir, cellule par cellule, alors que l'heure fatidique approche. Vous êtes progressivement gagné par le doute, par des questions existentielles à propos de votre tenue, de la pertinence de votre passage chez le coiffeur la veille, et bientôt, du caractère plus ou moins judicieux de votre présence en cet endroit précis, pile le jour où on a prévu que vous alliez faire le zouave assis derrière une table.

Vous savez pertinemment que votre dessinateur s'entraine depuis plusieurs jours, qu'il a affiné sa technique, et qu'il a tout un éventail de dessins mémorisés, prêts à servir. Comme vous vous estimez au dessus de la mêlée, vous n'avez évidemment rien préparé du tout.

L'angoisse de la page blanche n'est pas loin, mais avant elle, c'est sa petite soeur, la peur panique du bide intégral, qui vous tombe dessus par surprise. Surtout quand vous contemplez l'interminable file d'attente, qui ne cesse de s'allonger et commence à déborder sur les stands voisins, et qui commence au pupitre d'Art Spiegelman.

Vous êtes donc un peu rassuré lorsque vous découvrez tous ces visages amis qui vous attendent, alors que vous prenez - maladroitement - place lorsque vient votre tour. Ils sont venus vous encourager, et c'est adorable et vous ne les en remercierez jamais assez. (D'ailleurs, un grand merci à ceux qui sont venus ce jour là.)

Quand vous pensez avoir échappé au pire, et que votre dessinateur attaque sa première dédicace bille en tête, vous vous apprêtez à respirer un grand coup.

Sauf qu'en fait non.

Ce n'est en effet qu'une fois en situation que vous réalisez votre erreur: vous n'avez strictement rien à faire. Mais rien du tout.

Votre dessinateur étant le perfectionniste qu'il est, il prend son temps et allonge la sauce pour livrer le meilleur de lui-même, sous le regard émerveillé des premiers de la file.




Et vous, vous n'avez aucune, mais alors strictement aucune idée de ce que vous êtes supposé faire pendant ce temps là.

Vous avez le sentiment que tout le monde vous regarde, en train de vous débattre piteusement avec les dilemmes qui vous assaillent tout à coup, et de préférence tous en même temps: que faire de vos mains, comment vous tenir, où et qui regarder.

Comme s'il avait senti votre trouble, votre dessinateur prend un malin plaisir à faire durer votre supplice.

Vous n'osez pas lui parler pour donner le change, de peur de le déconcentrer aux yeux du public - car vous savez pertinemment que le fourbe est tout à fait capable de faire plusieurs choses en même temps.

Vous n'osez pas parler aux gens qui se pressent pour regarder l'artiste, par peur de les déranger - car après tout, ils ne vous ont rien demandé.

Vous n'osez pas croiser le regard de vos proches dans la file, par peur qu'ils ne lisent votre désarroi - vous êtes censé être un auteur désormais, en pleine possession de ses moyens.
Du coup, vous êtes tellement à votre affaire - gérer votre angoisse - que lorsque, une fois le dessin achevé, l'heureu(se)x récipiendaire vous tend son album, vous ne comprenez pas tout de suite que c'est à vous que l'on s'adresse. Ce qui ajoute évidemment à la confusion - pourtant déjà grande - qui est la votre.

C'est d'ailleurs le moment que choisit l'inspiration pour se faire la malle.

Résultat des courses, votre toute première dédicace est un fiasco complet, un ratage intégral, doté d'un paraphe anémique pratiquement illisible. Bien loin de ce que vous vous imaginiez, donc.

Evidemment, j'exagère - quoique.

Bien sûr, au fur et à mesure que le temps passe, vous vous sentez plus à l'aise. Vous chambrez votre dessinateur, vous parlez avec votre voisin, vous commencez même à faire la causette aux lecteurs. Car oui, contre toute attente, vous avez des lecteurs! Ils sont là, devant vous, bien réels. (Il y en a même que vous ne connaissez ni d'Eve ni d'Adam, ni vous ni votre dessinateur.) L'inspiration revient, et finalement vous vous rendez compte que tout bien pesé, la vie est également intéressante de ce côté de la barrière.

A la fin de la séance - celle-ci fut bien trop courte, deux malheureuses petites heures - vous savez que vous êtes faits pour ça, et que vous n'avez qu'une envie: recommencer, le plus vite possible.

Ce qui tombe mal.


Car hélas, la réalité des festivals étant ce qu'elle est, en tant que scénariste, vous n'allez pas être réinvité de si tôt.








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