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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 21:11


C'est fou comme le temps passe vite, trouvez pas?

 

J'ai failli rater 2011. 

 

 


Bon, d'accord.

 

J'ai raté 2011.

Voire même une partie de 2010, je vous le concède. 

 

En effet, tout auréolé du battage médiatique - tout relatif mais battage quand même - qui a accompagné la sortie du Banni, j'aurais du enchainer. J'aurais du mettre à profit cette fenêtre de pseudo célébrité pour inonder les éditeurs de pitchs plus accrocheurs les uns que les autres, me mettre en ménage avec les dessinateurs les plus sexy du moment, et me retrouver avec deux, trois, quatre, que dis-je, au moins six séries en chantier à la fin de l'été. 2010, toujours. 

 

C'est bien mal connaitre ma propension au doute coupable et à la pondération volontiers procrastinatrice, couplés, il faut bien le reconnaitre, à un amour par trop immodéré pour ce que la production vidéoludique peut nous apporter de meilleur. 

 

Disons-le tout net, ma production s'en est vivement ressentie. 

 

Ajoutez à cela ma sale manie de tenter à toute force de fourguer les projets les moins immédiatement vendeurs aux éditeurs les plus conservateurs, et vous aurez une idée assez précise de l'enchainement d'accidents industriels dont ces deux dernières années ont été jalonnées. 

 

Pour être tout à fait complet, il faudrait préciser que le Seigneur des Couteaux, bien que tous les éléments aient été livrés il y a plus d'un an, est désormais bloqué dans les limbes d'un univers parrallèle dont j'ignore s'il en sortira jamais. 

 

Egalement, le Banni a été victime de ce qu'on appelle pudiquement un accident de la vraie vie, lequel a contraint Tarumbana à lever le pied pendant un long moment. Or, en bande dessinée, dans le marché actuel, ralentir, c'est mourir. 


Si le projet a repris - et de fort belle façon - il est évident que la série ne connaitra jamais le succès quasi mécanique que lui aurait offert une sortie annuelle régulière, succès auquel elle aurait pu prétendre vues les excellentes ventes du premier tome (10 000 ex sortis de caisse, tout de même). Les lois mathématiques du marché sont ainsi faites, on ne brise pas un cercle vertueux impunément et on en paye le prix.

En l'espèce, on restera au succès d'estime, malgré une très bonne presse. 

 

Dont acte, j'ai raté le train. 

 

J'aurais pu en rester là, me contenter de vivre ma vie de golfeur du week end, de père de famille comblé et de script doctor accompli, avec quelques incursions syndicale dans le secteur de la BD. J'aurais même pu fermer ce blog - j'y ai songé parfois, dans un mouvement de rage après un putt raté.

 

Pour faire court, car votre temps est précieux, j'ai été rattrappé par les cheveux par plusieurs inconscients qui ont fait des pieds et des mains pour s'embarquer avec votre serviteur.


Les malheureux, si seulement ils savaient. (En même temps, ils ont insisté, ça leur apprendra)

 

J'ai donc vu débarquer un beau jour deux dessinateurs qui sont tombés amoureux de deux projets impossible à caser, et qui se sont lancés à corps perdu dans la réalisation d'un dossier. Mieux encore, ils sont allés comme des grands démarcher les éditeurs lors du seul festival d'Angoulême auquel j'ai préféré une partie de golf, et ils en sont revenus avec des contacts plus que prometteurs. 

 

En parrallèle, un coscénariste enthousiaste m'a fait une cour assidue et une offre que je n'ai pas pu refuser, m'apportant sur un plateau ce qui pourrait très bien devenir l'oeuvre de ma vie - rien que ça. Ce n'était pas la première fois qu'il tentait de m'attirer dans une écriture à quatre mains, mais jusqu'ici nous n'avions pas trouvé LE projet idoine. 

 

Et, l'avouerais-je?, il a eu foutrement raison d'insister lourdement, puisque je suis désormais à bord d'une des plus belles aventures créatives qu'il m'ait été donné de vivre. Laquelle a en plus de très fortes chances d'aller au bout. Et au pire, on se sera bien marrés.

 

Tout cela, me direz-vous, c'est bien gentil. Trop peut-être, même. Vous vous seriez attendu à une explosion d'acide concentré telle qu'au bon vieux temps, quand je bloguais à la grenade et au cocktail Molotov. 

 

Je vous sens déçus, presque. 

 

 

Hé.

Oh.

On se réveille les enfants, on est toujours chez Tonton Henscher.

 

Il y a de la poussière partout, la peinture a tendance à se barrer et il faudrait passer la tondeuse, mais promis, dès la prochaine note, on repart sur des bases saines et drôlatiques. 

 

Ca tombe bien, c'est 2012, l'année du Dragon, et celle de l'Apocalypse. Si avec ça, il n'y a pas moyen de foutre un joyeux boxon, c'est à plus rien y comprendre. 

 

Donc restez connectés, la prochaine fois, on parlera éditeurs, lemmings et numérique. 

 

Avouez qu'il serait dommage de rater un tel menu. 

 


 


 


 


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commentaires

hubert 19/07/2012 19:44

rhaaa. Pitié Henscher, maître de ma pensée dogmatique, joyau de la raison comme de la mauvaise foi, ne laisse pas la pauvre larve incapable de réfléchir par elle-même que je suis dériver seule dans
cet univers cruel de turpitudes insensées!!!!!!!!!!!!! (oui c'est pas génial comme commentaire mais moi je me contente de lire d'habitude, je suis pas censé écrire!)

Hubert 06/06/2012 01:24

alleeeeeeeez quoi, je voudrais pas abuser, ni harceler, ni camper devant votre domicile mais... alleeeeez quoi, une note, il me faut une note (bave)

Hubert 24/02/2012 12:05

Bord*l de m*rd* c'est pas trop tôt!! ça fait quoi? ben depuis ta dernière note que je passe (très) régulièrement dans l'espoir d'un peu de verve et de mauvaise foi! Bon alors ça repart, mollement
mais (je l'espère) surement!

FloBacri 23/02/2012 10:25

Welcome back, Dude!
(C'est inadmissible ces gens qui laissent trainer leur blog comme ça, des mois et des années à l'abandon..;-) !)

O'Brian 21/02/2012 21:51

Hello Tonton,

Content d'avoir de tes nouvelles.
J'attends la suite =^.^=

A+

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