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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 01:27

Je sais.

JE SAIS, j'ai dit.

Ce blog est moribond.

Vous soupçonnez ma feignasserie habituelle d'en être responsable - en même temps que, pêle-mêle Wow, Halo 3, Assassin's Creed (oui, j'ai mes entrées), un p'tit poker de temps en temps, et mes séances de rattrappage cinéma sur Canal.

Je vous comprends, et vous n'auriez pas tort. Je suis presque prêt à vous concéder que vous frôlez la vérité. A part pour Wow - comme quoi tout passe, tout lasse.

Alors, oui, j'ai un certain nombre de notes en sommeil (lire, quelque part dans mon esprit dérangé) qui attendent d'être pondues, telles que "Lettre d'amour (vache) à un éditeur", "Le succès: comment l'obtenir en 10 leçons iconoclastes" ou encore la très attendue -n'en doutons pas - "Ode aux martyrs de la création: une bafouille sur les conjoint(e)s de scénaristes".


C'est promis, vous les aurez. Un jour. Prochain. Si vous êtes sages, et que j'en ai le courage. Promis, j'ai dit - et je tiens toujours mes promesses, cette note va vous le prouver, paradoxalement.


Cela dit.


D'une part, il est près d'une heure du matin, et je suis en train de vous mitonner une petite note. Voyez bien que je pense à vous, tout de même, mauvaises langues que vous êtes.

D'autre part, parfois, je travaille. Je vous jure, ça m'arrive.

D'accord, c'est pas fréquent, mes différents collaborateurs en savent quelque chose, les pauvres. Mais ça m'arrive, je le souligne.

Tiens, d'ailleurs, en parlant de ça - mes collaborateurs, pas ma feignasserie caractérisée frisant le cas clinique - j'en ai une bien bonne.


Pour bien comprendre cette anecdote, il faut rebrousser chemin dans ce blog et revenir aux débuts, lorsque seuls Internet et moi-même connaissions l'existence de ce blog. (Il se dit ici et là que cela a changé - modestement, cela dit)


C'était lors de ma fameuse semaine de la promo - qui sera prochainement enrichie d'une deuxième semaine, avec du rab' pour les amis, anciens et nouveaux.

J'y déclamais ma flamme à un jeune réalisateur surdoué, auquel je promettais monts et merveilles, et le script qui allait révolutionner le 7ème art. Un coup à nous faire entrer direct au Panthéon des plus grands, où nous irions piller le frigo de Fritz Lang et manger, avec les doigts et en en mettant partout, les deux pieds sur la table basse d'Orson Welles en saccageant le canapé de Stanley Kubrick. Rien que ça.

Je l'avoue, j'ai menti.

Plutôt, non. Ce n'est pas que j'aie menti tant que cela - d'accord, un peu quand même - mais "techniquement", j'ai un peu exagéré les choses.

C'est qu'il fallait le garder sous le charme, le jeune homme, afin de le faire patienter. Notez que de ce point de vue là, cela a marché, parce qu'il a patienté près de 6 longs mois. 6 mois durant lesquels il a rongé son frein. S'il m'a souvent relancé dans les premières semaines qui suivirent ma note, par la suite, ses coups de fil se sont espacés dans le temps. A la fin, c'est même moi qui devais l'appeler pour avoir de vagues nouvelles. J'ai pensé que j'étais tranquille, qu'il avait finalement renoncé à attendre quoique ce soit de votre humble serviteur. Bref, que je m'en étais encore sorti par un habile tour de passe-passe dont je suis coutumier, et pratiquement l'inventeur patenté, avec marque déposée, et tout le Saint Frusquin.

Sauf que je me trompais lourdement. Un coup à en défoncer la balance, je vous assure.

Il est revenu à la charge, le bougre, à la fin de l'été, plus affamé que jamais, plus volontaire, un véritable forcené de la touche "rappel".

Ironiquement, il a trouvé le moyen de me coller un autre réalisateur dans les pattes, qui cherchait (et cherche toujours, le projet est en cours, avec l'excellent Zaz à la manoeuvre comme co-scénariste) à développer une série télévisée, à vendre à une grande chaîne. Ou une moins grande. Et même pourquoi pas, une moyenne. Voire une toute petite.

Croyez le ou pas, ça, ça vous prend un temps fou. La série télé, j'entends. Ca vous omnibule, ça vous obsède, surtout quand vous biberonnez de la série US de qualité extra tous les jours ou presque - en tout cas très souvent.

Bref, vous l'aurez compris, vous avez à coeur de sortir le meilleur de vous-même, toutes ces idées génialissimes qui vont faire grimper le prix du spot de 30 secondes de pub les soirs de diffusion en prime-time.

Du coup, se concentrer sur un petit court de rien du tout, un petit polar fait avec des bouts de ficelle, c'est tout de suite beaucoup plus compliqué.

Et pourtant.

Quoiqu'il en ait toujours pensé et dit (haut et fort), François sait que ce court est toujours resté en tâche de fond dans mon esprit déjà pas mal occupé. Je me demande parfois, ces jours-ci, où je trouve encore de l'espace mémoire. J'avoue qu'il y a des moments où je sature et où je débranche le PC pour aller allègrement (ou rageusement, c'est selon mon taux de réussite) "fragger" du Ricain de 12 ans à la chaine, sur Halo 3. (Xbox 360, sachez reconnaitre l'ennemi, chers amis scénaristes)

Mais je m'égare - comme d'habitude.

Tout cela pour dire que par un concours de circonstances fort opportun – le Destin prend systématiquement 10% dans ce genre d'histoire, selon la formule consacrée du regretté Greg – soit, à savoir, l'occurence d'un week end prolongé et l'échec de François à décrocher la réalisation d'un clip d'une star finissante qui n'arrête pas d'essayer de revenir, je me suis retrouvé vissé sur une chaise, dans un café enfumé et glauque à souhait, François à mes côtés, à dérouler un script, une bonne fois pour toutes.

Quand je dis une bonne fois pour toute, il a quand même fallu attendre 24 heures, tard dans la nuit le samedi soir, pour que j'y mette un point final. Et l'envoyer à François qui, ravi, pouvait enfin se mettre à tirer des plans sur la comète dans son coin. Au moins, cela allait-il l'occuper pour un moment. Pensé-je.

A raison, mais pas dans le bon sens.

Je m'explique: le lundi suivant, soit donc 48 heures après mon point final, je recevai un appel entousiaste de François – auquel j'avais demandé de me tenir au courant, j'ai appris à tuer mes enfants, mais j'apprécie quand même d'être convié à l'enterrement. Qui m'annonçait triomphalement qu'il venait d'inonder Paris avec mon script, à direction de tout ce qu'il compte de connaissances dans le milieu du cinéma. Et croyez moi, ça fait un paquet de gens.

En vrai?

Je l'admets: cela m'a terrorisé. Pas longtemps, mais je l'avoue, j'ai flippé ma mère, comme on dit.

Comprenons-nous: cette histoire, je l'ai portée pendant des mois, si ce n'est un an, désormais. Alors la savoir lâchée à tous les vents, avec la perspective peu engageante de me griller auprès de tous mes contacts dans le cinéma – à savoir, ceux de François – dès le premier essai.

Hé ouais. Henscher, il fait son malin comme ça, mais en vrai, il est comme tous les scénaristes: un grand anxieux.

Contre toute attente, les premiers retours – des acteurs – ont été bons. Très bons, même. Limite entousiastes, se dit-il. Et puis, 72 heures plus tard, nous avions un producteur également entousiaste, qui a annoncé d'emblée qu'il voulait le traitement du long métrage à suivre, et plus vite que ça.

Oui, tout ça en moins d'une semaine.

Alors, me direz-vous, qu'est-ce que cela change, concrètement, dans la vie d'un scénariste?

Hé bien pas grand' chose. Vraiment.

Parce que maintenant, il va falloir trouver les financements, ce qui n'est pas gagné car le petit bijou est assez cher à faire. Rien que ça, c'est une montagne en soi, dont je ne doute pas cependant que mes chers producteur et réalisateur sauront la gravir allègrement – allez les gars, je suis de tout coeur avec vous.

Il y a pire: maintenant, j'ai un traitement de 20 à 30 pages à pondre.

Je vous ai déjà dit que la série télé me bouffait tout mon temps? Qu'il faut que je m'assure que Fabien, en pleine bourre dans la ligne finale de la colo du Seigneur des Couteaux, garde le rythme? Que je dois des pages à d'autres dessinateurs et que dans tout ça, j'ai eu une idée de génie, un coup à prendre Hollywood d'assaut à moi (presque) tout seul?

Bref, vous le voyez, sous mes faux airs de ne pas y toucher, parfois, je bosse.

Et vous savez quoi?
Hé bien ça fait un bien fou!

Parole de feignasse.

Les plus attentifs - également les plus courageux - auront cependant retenu l'information la plus importante, plus ou moins subtilement cachée dans cette note tardive. Si, si, il y en a une, relisez ce qu'il y a plus haut. En plus, c'est une bonne nouvelle. Allez, je vous la fais courte:

Après la BD, tonton Henscher met les deux pieds dans l'audiovisuel.
Jusqu'ici, on n'avait pas spécialement pleuré avec les petits Mickeys.
Et d'après ce que j'ai pu entr'apercevoir du 7ème art...

... c'est maintenant qu'on va réellement se fendre la poire.

 

 

 

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Published by Henscher
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commentaires

True 20/11/2007 23:15

Super nouvelle ! Surtout tiens nous au courant, ce projet de série me donne l'eau à la bouche. J'espère de tout cœur que cela va se concrétiser ;)

Allez, au boulot :D

Pierrot 13/11/2007 16:53

C'est bon ? Je peux lancer le fan club ?
Le Titi Twister, ça te va comme nom de fan club ?

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