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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 00:44
(Préambule court mais nécessaire: pour des raisons tenant essentiellement à mes compétences techniques proches du négatif, les planches montrées durant cette semaine de la promo sont de taille réduite, impossible à agrandir. Je vous encourage à aller les consulter sur les sites des artistes correspondant. Profitez-en donc pour plonger un peu plus dans leurs univers respectifs)

Oui, chez moi les semaines font 9 jours bien tassés. Il me faudrait bien ça pour tout gérer de front, et si possible des journées de 36 heures.

Je termine donc ma tournée promotionnelle de gens que je-les-aime-bien-et-qu'en-plus-ils-ont-du-talent. Et je ne finis pas par la moins talentueuse.

Je suis un fan inconditionnel d'Elbe.
Là, c'est dit.

Vous l'aurez remarqué à mes notes de trois kilomètres de long chacune, je suis incapable de faire dans cette épure sublime à laquelle j'aspire. Forcément, quand je rencontre quelqu'un qui y excelle avec une facilité déconcertante, je suis d'autant plus admiratif.

Elbe, je l'ai découverte grâce à ses trop rares incursions sur le blog de Djib. Quand j'ai vu ça...

Elbe-PB.jpg
... cela m'a fait hausser un sourcil. C'était nouveau, très différent de ce que Djib montrait sur son blog d'habitude, et déjà d'une belle efficacité.

Ensuite il y a eu ça...

Elbe-PB-Lectures.jpg... et là c'était terminé, j'étais emballé.

Mais elle a réussi à m'achever avec ça:

PB-Elbe-PluieNoire.jpg

Depuis, je suis fan inconditionnel.

Vous me direz, "mon pauvre garçon, tu as perdu l'esprit, ce ne sont que quelques planches". Sauf qu'à mes yeux, non.

Il y a dans l'oeuvre d'Elbe une poésie qui me touche tout particulièrement, un mélange d'intelligence éclatante, de simplicité évidente et lumineuse, et une sensibilité à fleur de trait, de plume, de papier, je ne sais, que je trouve presque émouvant, et fascinant. Cela s'appelle la puissance d'évocation.

Moins elle met d'effet gratuit - et il n'y en a pour ainsi dire pas du tout dans son travail - plus elle va droit à un essentiel qu'à mes yeux très peu de gens, connus ou non d'ailleurs, savent retranscrire. Il y a dans son trait noir, vif, nerveux, un sentiment d'urgence, de nécessité absolue, de véritable faim de créer, de communiquer, de transmettre.

Prenez la planche "Pluie Noire", visible plus en détails ici. Pour moi, il y a un monde dans cette planches, parfois case par case, en quelques traits simples. De la poésie pure, voilà ce qu'Elbe fait. Une poésie imprégnée de ses lectures, de ses rencontres, de ses voyages - c'est une grande voyageuse, réelle et imaginaire à la fois.

Il y a une richesse presqu'infinie, et une grande douceur derrière ce trait qui peut sembler aride de prime abord. En un mot, une véritable humanité, de celle que j'essaye désespérément de retranscrire dans ce que je fais, en sachant pertinemment que c'est illusoire, dans mon cas. Et Elbe y parvient, avec une économie de moyens qui frisent parfois l'ascèse artistique.

Elle fait d'autres choses, avec une touche de couleur, toujours en retenant ses "coups", qui sont superbes, mais je dois dire que je ne serai jamais aussi fan que lorsqu'elle assèche son propos, en noir et blanc, en peu de mots - mais il y a en a parfois quelques uns, car elle est aussi femme de lettres. Il y a mille projets pour elle dans mon tiroir à idées, mille narrations que je fais et refais pour moi seul, pour le moment.

Mais je n'ai pas renoncé à mon projet de collaborer avec elle, un jour. Demain. Quand elle veut. Quelque chose me fait cependant penser qu'elle préférera suivre sa route solitaire, sur laquelle je sais qu'elle ne se perdra pas.


Je ne finis pas ma semaine de la promo par la note la plus facile, ni par l'artiste la plus facile.

Il y a un niveau d'exigence, un pré-requis, pour entrer dans ce que fait Elbe, mais il faut accepter de se laisser faire, se laisser porter par ce trait, par cette universalité immédiate. Je sais qu'elle a encore un long chemin à parcourir, afin de trouver où elle veut aller, artistiquement. Elle explore une multitude de choses, de pistes, qu'elle cache jalousement et précieusement, comme autant de trésors qu'à mes yeux ils sont bel et bien.

A part sur le blog de Djib, vous ne trouverez pas ses travaux personnels sur Internet. Mais j'espère que cela sera le cas bientôt. J'espère que vous pourrez trouver ses oeuvres partout. Parce qu'elle ne le sait pas, ou bien elle ne s'en rend pas autant compte qu'elle le devrait, mais elle porte en elle des mondes entiers.

Qu'il me tarde d'arpenter et de faire découvrir au plus grand nombre.

En attendant le jour où Elbe éclatera au grand jour - et cela arrivera, soyez-en assurés - je déclare la semaine de la promo fermée. A la place, et pour changer, vous retrouverez très bientôt les considérations chaotiques et drôlatiques - enfin, on essaye - de tonton Henscher sur le dur métier de scénariste.

Et nous commencerons par ce qui fait une bonne histoire: le propos. Ou pas. C'est paradoxal, mais c'est promis, je vous démontrerai que la qualité du scénariste peut ne rien faire à la qualité de l'histoire.

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Published by Henscher
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  • : Mis à jour de façon aléatoire, Fragments est le champ de tir du scénariste Henscher. Il y traite avec un humour féroce des aléas de la vie d'un scénariste débutant (mais publié). Attention aux éclaboussures de vitriol. Et mettez les patins en entrant.
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